De l’autre côté de la ligne:
Regards croisés Tijuana-San Diego

A propos du projet

Quelques bénéfices de ce projet :
1) La production d’informations sur les représentations infantiles concernant la frontière Tijuana-San Diego.
2) La production de nouvelles histoires sur la frontière permettant d’interroger les visions déconcertantes sur cette zone.
3) La formation à la technique d’animation par des enfants et des jeunes de la région.
4) La production de réflexions critiques sur la réalité frontalière et sur les conséquences que cela implique dans la vie des différents participants.
5) L’interaction, les échanges et l’apparition de dynamiques entre les adolescents, les jeunes intervenants et les professionnels des deux cotés de la frontière, ainsi qu’avec les professionnels français.
6) La production de deux films d’animation sur la frontière.
7) La production d’un livre académique sur le projet et sur le thème de la frontière.
8 ) La consolidation des interactions intellectuelles et de création, ainsi que le renforcement des réseaux entre individus et institutions des trois pays (Mexique, Etats-Unis et France).
Une petite visite sur le site de: http://www.uhb.fr/webtv/appel_film.php?lienFilm=371 ou: http://www.uhb.fr/lairedu/ dans la rubrique “recherche” “films d’animation” ou “films d’enfants” et sous le titre “Ceux d’en face” vous découvrirez les films des ateliers Tijuana et San Diego.
Des élèves de l’atelier d’animation à Tijuana
J’aime beaucoup écouter de la musique et j’aime dessiner et jouer. J’aime le Reggae, le Ska et le Rock et j’ai toujours des idées différentes de celles de mes amis et ça c’est bien.
Discours de Frida pour la présentation des films d’animations
au CECUT de Tijuana le 22 août le 2008
Je m’appelle Frida, j’habite à Tijuana. J’ai 11 ans. Avant tout, je veux vous faire part de l’expérience que j’ai vécue dans cet atelier. Au début ça a été un peu difficile, autant pour la création du film que pour la mise en scène, mais je me suis petit à petit organisée et ainsi ça c’est amélioré. J’ai eu beaucoup de plaisir à enregistrer les voix et à travailler sur la multiplan. Même si ça m’a fatiguée, je me suis vraiment amusée. À la fin, nous avons pu voir le résultat. C’est génial de travailler avec des personnes d’autres pays comme la France, ça m’a plu de connaître leur langue et leurs coutumes. Comme nous ne nous comprenions pas très bien, nous avons beaucoup communiqué par signes. Les autres enfants de l’atelier ont été des compagnons merveilleux. Ils ont tous donné du leur pour que tous les jours le projet avance de mieux en mieux. Je suis très fière d’avoir été choisie pour participer à cet atelier. C’est quelque chose qui a marqué ma vie. J’ai beaucoup aimé la manière par laquelle nous avons pu exprimer ce que ça représente de vivre près de cette frontière, notre façon de vivre, notre éducation et partager nos points de vue sur ce que nous vivons à la frontière des Etats-Unis.
Je veux partager avec vous mon point de vue sur la frontière. Le gouvernement des Etats-Unis investit millions pour la construction de ce mur frontalier, au lieu de chercher comment le démolir. Les gens de mon pays veulent toujours traverser ce mur pour pouvoir travaille. Ils traversent illégalement alors que nous devrions tous combattre par un monde libre et sans frontières. Merci !

Omar, 11 ans
SJe suis inteligent, rapide, j’aime le ciné, “stop motion”, j’aime les jeux vidéos et rester couché au lit jusqu’à 9 ou 10h du matin.

Teresita, 11ans
J’aime la musique comme le Raggae, le Reggaeton, le Hip Hop et un peu la Pop, et j’aime la pizza.

Oscar, 11 ans
J’aime regarder la télé et jouer à la Xbox.

Edith, 12 ans
J’aime beaucoup le football, c’est pour ça que je vais aux matchs des “Chivas”, je joue aussi au foot dans la selection féminine. J’aime beaucoup cuisiner et je pense faire des études en gastronomie. J’aime tous les styles musicaux et j’aime apprendre d’autres langues.

Arturo, 11 ans
J’aime jouer au chat perché, j’aime courir, j’aime beaucoup les frites super grasses. J’adore l’équipe de Tampico. Je suis un peu turbulent, mais bon pas trop.

Melania, 12 ans
J’aime écouter du rock en anglais, et quelques groupes de rock en espagnol, j’aime me faire des amis. J’aime découvrir de nouvelles choses, ma glace favorite, c’est la crème glacée, je n’ai pas de plat préferé. Je vais en Amérique et je commence à apprendre le français!

Santiago, 11 ans
J’aime dessiner des bandes dessinées, j’aime aller à la buvette et j’aime le wii.

Lucia, 12 ans
J’aime les chats, la nourriture chinoise. J’aime le volley-ball, ma couleur préférée est le violet. J’ai trois frères, un chat. Je veux être vétérinaire ou styliste ou designer d’intérieur. Ha ha ha! Salut!
Manuel, 13 ans
Ce que j’aime faire c’est jouer au football, au baseball, au foot américain et me promener sur ma moto.

Jazmin, 13 ans
J’aime le reggaeton et les Jonas Brothers et aussi Demi Lovato. J’aime bien jouer au football, ma nourriture préferée c’est la pizza et un peu la nourriture italienne. Et ce que je voudrais être plus tard c’est directrice d’un centre d’accueil, danseuse de reggaeton ou secrétaire, ou sinon dessinatrice.

Eduardo, 13 ans
Moi j’aime jouer au football, aller au ciné, j’aime beaucoup les ordinateurs, j’aime parler espagnol mais ce que j’aime le plus c’est être avec d’autres personnes. Voilà.
Inteview vidéo de deux participantes aux ateliers à Tijuana. Marcelle, 11ans et Frida, 11ans de Tijuana:
-C’était un atelier d’animation, en premier nous devions trouver des idées, on a commencer par dire ce qu’on savait sur “la ligne”, et si nous allions à Tijuana ou non.
-On s’est exprimé principalement grâce à un film, un court métrage d’animation que nous avons fait, tout d’abord en discutant entre nous tous.
-On faisait les dessins, parfois plusieurs fois, jusqu’à obtenir celui qu’on avait imaginé. Ensuite on l’a découpé, on a fait les différentes parties du corps pour qu’il puisse bouger;
-On l’a fait surtout avec du papier, et on devait faire en sorte que les mouvements du dessin soient trés précis.
-Au début tu te dis “Hé, pourquoi je vais passer mes vacances à travailler? Je suis en vacances pour me reposer!” Et puis tu y vas et au début tu te dis” Mais qu’est-ce que ce truc est ennuyeux!” Et finalement tu apprends plein de trucs, et tu t’amuses tellement! Parce que tu es avec tes amis, avec tes professeurs, et c’est super amusant!
-Les gens nous appuyaient tellement, et on s’amusait tellement! Nos professeurs étaient toujours avec nous. Ils ont été trés compréhensifs sur nos points de vue.
-A moi ça m’a beaucoup plu qu’il y ait trois pays, la France, le Mexique et les Etats-Unis, et malgrés les différences ont a pu communiquer, avec des signes par exemples, des fois c’était un peu dur mais on pouvais toujours communiquer. C’est quelque chose de très marquant. C’est pas juste “J’ai fait le film et c’est tout. J’ai fait ça et c’est tout”. C’est un moment dans ta vie dont tu dois te souvenir et qui va t’aider pour d’autres projets, pour nous savoir se servir de caméras, et pour la communication aussi!
- Vivre ça change la vie! C’est quelque chose de très chouette, vraiment! Pas seulement pour avoir fait le film et c’est tout. Mais comment on le fait, comment on le fabrique, les gens avec qui on a travaillé…
Equipo Taller Tijuana

Yvón Guillon (Université Rennes 2, FR)
Coordination et production générale

Adriana Trujillo (POLEN audiovisual, MX)
Coordination de l’atelier à Tijuana
Réalisatrice indépendante et correspondante pour la UABC, Adriana Trujillo a été étudiante en maîtrise en Documentaire Créatif à l’Université Autonome de Barcelone. Elle a réalisé, produit et coordonné divers projets télévisés et documentaires sur l’éducation, l’art et les médias audiovisuels. Son travail a été présenté dans différents festivals, forums et chaines de télévision au Mexique, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Espagne. Adriana a enseigné à l’Université Autonome de Basse Californie, au Media Center de San Diego, au Centre Culturel de Tijuana, à la Fondation Joaquin Roncal et au Centre d’Histoire de Saragosse, au Musée d’Art Contemporain de San Diego et à l’Université Iberoamericaine du Nord-ouest. Elle est boursière du Programme National d’Education Artistique CONACULTA-INBA-CENART (2002), du PACMYC (2004 et 2007) et du programme d’Etudes à l’Etranger (FONCA 2004-2005). Actuellement elle dirige le documentaire avec l’appuit de la bourse Jeunes Créateurs FONCA (2008) et elle coordonne l’aire de production audiovisuelle de l’Université des Californies. Elle est membre de la maison de production indépendante POLEN audiovisuel.

Guilles Courier (Université Rennes 2, FR)
Instructeur en Technique d’Animation

Edgar Rodríguez (CECUT, MX)
Logistique

Jorge Hernández (SDSU, USA)
Equipe d’investigation

Flora Arias (Lúmina, MX)
Artiste Audiovisuel

Talía Góngora (Polen-Loops Urbanos / YONKEart, MX)
Artiste Audiovisuel

Juan “Pájaro” Navarrete (Galatea/ Bulbo, MX-USA)
Artiste Audiovisuel

Tonalli Magaña (Recortos 48, MX)
Artiste Audiovisuel

Juan “J” González (Producciones 5 y 10, MX)
Artiste Audiovisuel

Jose inerZia (POLEN audiovisual, SP-MX)
Production audio
Producteur audiovisuel. Je vis entre Saragosse (Espagne) et Tijuana (Mexique). Je travail avec des adolescents depuis plusieurs années sur des projets éducatifs. Je suis tout particulièrement interessé par la création documentaire avec mes collègues de POLEN Audiovisual (polenaudiovisual.com) . Je sui passionné par la nature, le sport, l’art et j’adore transformé mon identité avec des tatouages. Je me sens très heureux de pouvoir bénéficier de ma formation professionnelle sur ce projet, mais plus encore des amitiés que j’ai créé.

Theo Guillon (Université Rennes 2, FR)
Assistant de production

Joel Martins (Association Docabilly Université Rennes 2, FR)
Réalisation du Making Of
Laurent AUBAGUE, Département d’Espagnol, Université Paul Valéry-Montpellier III
Septembre 2008
Une équipe de travail très animée à Tijuana.

Lors de mon voyage au Mexique durant l’été 2008, j’ai rencontré et participé aux activités de l’équipe de cinéma d’animation sur le projet « Del otro lado de la línea. Miradas cruzadas Tijuana/ San Diego; The Other Side of the Line: Tijuana/San Diego Crossed Gazes; De l’autre côté de la ligne: Regards croisés Tijuana-San Diego », qui se sont déroulées aussi bien à Tijuana qu’à San Diego. Ce projet a été simultanément dirigé par Yvon Guillon de l’Université Rennes 2 et par Norma Iglesias de l’Université de San Diego. Il a consisté à faire créer par deux équipes d’enfants de Tijuana et San Diego, entre 11 et 14 ans, de petits films d’animation sur la représentation que ces enfants se font de la frontière americano-mexicaine et sur la façon dont ils conçoivent la vie et la réalité de part et d’autre de la Ligne.
On sait que depuis de nombreuses années, la frontière entre le Mexique et les Etats Unis est devenue un véritable abcès purulent où se confrontent les enjeux du choc migratoire entre les populations venues de l’Amérique Centrale ( Guatemala, Salvador, Honduras, etc…), du Mexique et l’Amérique du Nord. Maintes études, aussi bien dans le domaine économique, sociologique, démographique que culturel ont déjà vu le jour et constituent le matériel sur lequel se penchent tous ceux qui ont rencontré la frontière et pour qui cette rencontre a fait envisager qu’un drame humain historique est entrain de se jouer dans cet endroit du monde.
Dans le domaine de la culture, Tijuana est devenue une pépinière de jeunes artistes qui essayent de capter ce monde terrible, cette partition où se mêlent les éclats de l’horreur avec les modulations d’un imaginaire inépuisable de la survie. Photographes et cinéastes trouvent sur le lieu de cette collusion entre les deux Amériques, une matière première de premier ordre. Il en est de même pour les écrivains et les musiciens de toutes musiques: la réalité est déjà une fiction. A preuve- peut-être!- l’existence des narco-corridos (véritable manuel sur les formes possibles de pénétrer clandestinement chez le voisin Goliath) et d’une veine de polars fronterizos abondante,
riche et immensément suggestive. Dans ce panorama culturel sur la représentation artistique de la frontière, il manquait (quoiqu’un premier projet s’y était essayé quelques années auparavant) une vision qui corresponde à celle des enfants qui vivent de chaque côté de la frontière. C’est en ce sens que le projet de Norma Iglesias et de Yvon Guillon trouve son originalité.
De l’exécution de ce projet qui a duré quatre semaines, je n’ai pu que participer de façon très occasionnelle, aux deux derniers jours où, caméras et ciseaux battants, les enfants de Tijuana s’empressaient de terminer leur film d’animation dans une fébrilité et un enthousiasme aussitôt perceptible pour le visiteur non averti que j’étais. Sur le grand toit plat du Centro Cultural de Tijuana, comme s’il s’était s’agit d’une cour de récréation (malgré ses airs de relégation!), et sous le blanc chapiteau qui trônait au milieu de cette cour et qui protégeait d’un ardent soleil désertique l’imagination des petits créateurs, l’activité était à son comble. On découpait à qui mieux mieux les dernières figurines des personnages qui devaient traverser Tijuana sur un skate board. Il a même fallu reprendre quatre à cinq fois la queue d’un tigre qui s’était échappé d’un zoo. Capsules et pinceaux battaient la campagne pour écrire le générique de ce film en même temps que les enfants, sachant proche la fin de leur atelier, se mettaient à réviser tous les mots de français qu’ils avaient appris de Gilles- « le grand magicien » des cadres de verre sur lesquels on composait les images à photographier et à monter plus tard-, qui dès son arrivée et pour marquer son inexpérience linguistique, avait déclaré tout de go, qu’il parlerait le Gilspagnol. Je peux certifier que le fameux Gilles à la fin de son séjour savait assez d’espagnol pour râler contre le fait qu’il n’avait plus aucune disponibilité nocturne (vu l’urgence du montage) pour aller inviter dans la langue du pays, les excellentes cavalières du dancing de la Estrella. Une telle défaillance mérite réparation: il faudra que l’inventeur du Gilspagnol retourne à Tijuana pour franchir un niveau de plus dans sa récente domination de l’espagnol, pour qu’il puisse de nouveau danser au son des bandas, et des groupes de musique nortena ou autres salsas et surtout pour donner une suite à ce formidable projet sur la contribution du film d’animation, pour saisir comment dès l’enfance, les frontières et les murs sont perçus.
Car telle est l’ambition de ce premier ouvrage. Son exécution, sa dynamique et ses résultats ont bien entendu des répercussions presque « vénéneuses » pour tous ses participants. J’entends encore Norma et Yvon, ainsi que tous leurs collaborateurs (cocorico, les Français d’abord: Sébastien, Franck, Fred, Vincent, Joël, Roland, etc…) et les Mexicains (¡Al grito de guerra! : Flora, Talía, Adriana, Jorge et InerZia) se lancer le défi de continuer à filmer les murs et les frontières. Un beau défilé certes: la frontière entre le Mexique et le Guatemala comme continuité immédiate des migrations vers les Etats Unis, les barbelés de Ceuta et de Melilla en Espagne, et pourquoi pas le mur entre Israël et la Palestine puisque ce sont les mêmes entrepreneurs qui construisent celui qui va définitivement séparer le Mexique et les Etats Unis sur plus de 3400 kms…
Malgré son emplacement en plein désert, Tijuana peut et doit faire boule de neige. Pourquoi ne pas prendre au sérieux le rêve de tous les membres des équipes d’Yvon Guillon et de Norma Iglesias? Pourquoi, forts de cette première expérience, ne pas envisager que les mêmes adultes ayant participé à la création et à la réalisation des films d’animation sur la frontière mexicaine puissent rebondir vers d’autres murs. Ces murs fous et monstrueux qui veulent (à l’heure de la mondialisation!) Empêcher le déplacement des hommes mais garantir le mouvement des marchandises et de la finance! Cette équipe franco-mexicaine constituerait un embryon de réponse, une tentative d’antidote contre cette liberté sans contrainte et contre la monstrueuse discrimination que subissent les migrants dispersés sur la surface du globe. Elle contribuerait à donner une autre vision de ces personnes dont la seule effraction est celle de se déplacer pour trouver une vie meilleure et plus digne. Pourquoi le film d’animation ne serait-il pas un splendide moyen d’être présent au milieu de cet ahurissant phénomène où l’on voit (selon une terminologie qui cache déjà les apriori de ceux qui possèdent la richesse) les peuples du Sud pousser les portes et les grilles des nantis du Nord? Quelle image meilleure que celle de ces terribles vases communicants, Gilles et Sébastien pourraient-ils faire découper dans du papier cartonné, aux enfants d’autres ateliers du Maroc, de Palestine ou d’ailleurs… Pour les monter ensuite sur leurs plaques de verre qui deviendraient alors des loupes grossissantes sur la géographie des murs, des fils de fer barbelés électrifiés et des détecteurs à infra-rouge.
Ce serait l’honneur de l’ Université de Rennes 2 et des Communautés Territoriales de Bretagne, région et peuple traditionnellement habitués à croiser leur regard au-delà des mers et des océans, que d’avoir l’intuition que ce travail de mise en images sur les perceptions réciproques des habitants de Tijuana et de San Diego, constitue une première réplique culturelle au vaste télescopage humain qu’est devenue la mondialisation.

un acesso mas rapido para ver las peliculas
http://www.uhb.fr/webtv/appel_film.php?lienFilm=371
MAUGERIOU / MURS
Depuis la nuit des temps
les hommes ont toujours
construit des barriéres
construit des murs
pour se protéger de son voisin
de son frére de son cousin
Muraille de Chine
du temps des QUIN
la plus duraille de toutes
depuis trois cents ans et deux mille
Bien avant ALEXANDRE
paix a ses cendres
le malheureux
qui fit les murs en Grand
Y en a eu aussi chez les Latins
pas qu’des lettrés, mais des crétins
Ce cher HADRIEN
fit un mur chez les celtes
pour leurs couper les ailes
même que leur mot, il a piqué
MAUGER/ MUR/ MAUER
Un mot que les murs
aujourd’hui encore murmurent
jusqu’a nos portes
et nos cloisons
au pied de chez nous
dans nos maisons
VAUBAN qui nous a fortifié
imaginez aussi MAGINOT
sans touner autour du pot
et le Mur de fer
qu’on a laissé faire
pas un pays qui échappe à ce tic
même l’Atlantique
le truc en toc de TODD
tout est bon pour nous em…murer
de la Méditerrannée à l’ Oural
c’est devenu d’un banal
rideau, si on les laisse faire
de SETTIN à la Baltique
et TRIESTE en Adriatique
mets l’ Italie dans la litanie.
Depuis que Berlin a chuté
on a des barriéres de séparation
des clôtures de sécurité
des murs de l’apartheid
de la ségrégation
de l’annexion
mur de la honte
on sait mieux faire:
Corée du Nord et du Sud
ligne verte dans Chypre jaune
lignes de paix naguère
dans l’Irlande en guerre
mur de sable dans un Sahara
privé de désert
Frontèra de Tijuana
entre Mexico et USA
voyez vous ça
grillages de protection
pour les griots d’Africa
dans les villes bidons
de Ceuta et Meilla
clôture de deux sociétés
entre Israel et Palestine
on se demande ou est l’estime
entre Inde et Pakistan
il n’en fallait pas tant
un mur électrifié
pour laisser le courant passer
Séparer / opposer
diviser pour mieux régner
ciment et parpaings
grilles et grillages
c’est d’un autre âge
pour arréter la faim
barbelés / miradors
la conscience des riches s’endort
déchirer / déchirures
pour arréter le mouvement du monde
on monte partout des murs de la honte
Nos têtes heurtent leurs murs
et tout ce qui semble sûr:
protéger / replier
diviser / renfermer
filtrer / surveiller
c’est pas dans notre nature
d’avoir chacun sa clôture
son Empire et sa Nation
son drapeau et sa maison
y a rien de pire pour la raison
MAUGERIOU/ MURO/ WALL
Limes / Limites / Linéa
mais un jour
Tous Toujours
finissent par tomber
se fissurer, vaciller
finissent par trembler.
Creusont des ponts et des tunnels
de nos idées pas sages
contournons détournons
sapons l’ autorité
Résistons
résister Résistencia !
JERICHO/ TROIE/ BERLIN
Le monde est trop petit
pour le murmure des murs.
pour THEO GUILLON; TIJUANA AOUT 2008